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Capture d'une vidéo amateur de Briggs faisant face à son aggresseur sexuel dans le métro New Yorkais.
 
Cette femme pourrait devenir un modèle pour toutes celles qui se sont retrouvées un jour face à un exhibitionniste. Lorsqu’un pervers lui a montré son pénis, loin de fuir, elle lui a tenu tête et lui a fait honte devant toute une rame de métro.
 
"Ca suffit !" a-t-elle crié lorsque le pervers a sorti son organe. "Je vais te faire arrêter ! Je ne te quitte pas. Tant pis si je gâche ma soirée ”.
 
La vidéo montre bien l’embarras de l’exhibitionniste, qui tente de cacher son entrejambe alors qu’un attroupement se forme autour de lui.
 
L’exhibitionniste a été arrêté juste après cet incident. Il s’appelle Mario Valdivia. Il a été condamné pour conduite obscène en public et abus sexuel. Exhibitionniste connu des services de police, il a été emprisonné puis expulsé vers le Mexique.
 
Nicola Briggs, la jeune femme que l’on voit sur la vidéo, a été interviewée par CBS 2 le 24 novembre. Elle raconte que l’exhibitionniste a tenté de s’enfuir, mais qu’elle et d’autres passagers l’ont empêché de quitter la rame jusqu’à l’arrivée de la police.
 
Cette vidéo a été vue près de 500 000 fois sur YouTube et elle a fait les gros titres aux Etats-Unis. Une belle façon de marquer la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes.
 
Attention : le langage employé dans cette vidéo peut heurter.
 
Vidéo postée sur YouTube le 4 septembre par asafoetida.

“Cette vidéo prouve qu’avoir le courage d’exprimer tout haut son indignation contre l’agresseur peut avoir bien plus d’effets que ce que l’on ne croit”

Emily May est cofondatrice de Hollaback !, un mouvement international qui encourage les femmes à dénoncer toute forme de harcèlement sexuel. Son site a été l’un des premiers à publier cette vidéo.
 
Un de nos lecteurs nous a envoyé la vidéo après être tombé dessus sur YouTube et nous l’avons immédiatement postée sur notre site. Cette femme incarne tout ce qu’Hollaback défend. Non seulement elle dit ce qu’elle pense, mais en plus, elle fait ce qu’il faut pour que son harceleur soit jugé.
 
La réaction de nos lecteurs a été : "Ouah ! Elle est héroïque". Car les délits de harcèlement sont souvent passés sous silence, en partie à cause de la honte qu’ils provoquent chez les victimes. Devant une telle situation, les femmes ont instinctivement tendance à fuir le plus vite possible. Et il est vrai que parfois, notamment quand il n’y a personne autour, c’est la meilleure attitude à adopter. Mais cette vidéo prouve qu’avoir le courage d’exprimer tout haut son indignation contre l’agresseur peut avoir bien plus d’effets que ce que l’on ne croit.

“Photographiez ou filmez les harceleurs. Ces images pourront ultérieurement servir de preuves. ”
 
Le rôle des téléphones portables avec caméra vidéo et des nouveaux médias est particulièrement important. Si les témoins n’avaient pas sorti leurs appareils et posté les images sur YouTube, la réaction de cette femme serait certes, toujours courageuse, mais l’histoire se serait arrêtée là. La vidéo a permis que le coupable soit arrêté, poursuivi et qu’il fasse de la prison. C’est pourquoi Hollaback encourage les femmes, ou tous ceux qui ont été témoins de ce type de comportement, à photographier ou à filmer les harceleurs. Ces images pourront ultérieurement servir de preuves.
 
Nous encourageons les victimes à raconter ce qu’il leur est arrivé sur notre site. Le harcèlement "routinier" (sifflements, pelotage, remarques déplacées) est un problème très répandu mais peu évoqué et sous-estimé, car tabou. Cette vidéo m’a fait penser à une campagne récente contre le pelotage dans le métro que nous avions sponsorisée avec l’association les New-Yorkais pour des transports sûrs. Je ne peux m’empêcher de penser qu’une femme comme celle-ci [Nicola Briggs ] avait notre affiche en tête quand elle s’est exprimée."
Ce billet a été réalisé en collaboration avec Lorena Galliot.