Lors d'un concert réunissant plusieurs grandes stars de hip-hop et de rap, dont le Franco-Marocain La Fouine, un vendeur à la sauvette de faux tickets s'est fait épingler par les organisateurs. Notre Observateur a assisté au passage à tabac (au "chicotage") qui a suivi.

Le "Moov'in Show" a eu lieu le 27 août dernier au Palais des Congrès de Lomé. Le rappeur La Fouine, le chanteur de hip hop béninois Didi Bobo et le Togolais Amron participaient à l'événement. Le concert était sponsorisé par "Moov-Togo", un des principaux opérateurs de téléphonie mobile du pays. Les places se sont vendues entre 3 000 et 10 000 francs CFA [entre 4 et 15 euros].

Nous avons contacté la compagnie Moov-Togo, qui a organisé le concert, et nous publierons son commentaire dès que nous le recevrons.

"La punition était disproportionnée (...) et est emblématique de la violence qui règne dans notre pays"

Lamine habite à Lomé, il a assisté à la scène de lynchage alors qu'il arrivait dans la salle de concert.

Je n'ai pas suivi le début de l'altercation, mais, avec mes  cousins, nous avons été attirés par des bruits qui venaient du rez-de-chaussée. Mon cousin a sorti son téléphone portable pour filmer la scène. L'homme se faisait frapper, genoux à terre. Au début de la vidéo, on voit des organisateurs le frapper sauvagement dans la dos [on aperçoit une sorte de fouet sur les images] et lui donner des gifles. Puis, des membres des forces de l'ordre sont arrivées, elles ont continué à le brutaliser [il se fait plaquer contre le mur]. Finalement, elles lui ont passé les menottes.

On n'a pas l'habitude de faire venir des stars internationales et le tout Lomé s'était déplacé pour l'occasion. Le vendeur a donc voulu en profiter pour se faire un peu d'argent facilement. Avec mes cousins, on a été très choqués, c'était vraiment violent. Il a été traité comme s'il avait commis un crime, comme un animal. La punition était disproportionnée : ce n'était qu'un petit délit finalement. Nul n'a le droit de se faire justice ainsi. Ils auraient dû le garder sous surveillance, attendre la fin du concert et le livrer à la police. Il faut suivre la procédure légale, les organisateurs auraient pu porter plainte. Ces images sont vraiment emblématiques de la violence qui règne dans notre pays."