Capture d'écran de la vidéo publiée par gorillacd sur YouTube.

Des images impressionnantes montrent la traque d'un animal dans les forêts du Congo. Un énorme gorille de 175 kilos.

L’animal en question est un gorille de montagne, une espèce en voie de disparition. Il s'est échappé du parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le parc national s’étend sur 4800 m², en partie sur les montagnes des Virunga, près des frontières du Rwanda et de l'Ouganda.

Vidéo publiée par gorillacd le 18 juin sur YouTube.

"C’était la première fois qu’un animal s’éloignait autant et si longtemps"

Samantha Newport travaille au parc national des Virunga. Elle a assisté à la scène de la relocalisation du gorille.

Il n’existe plus que 720 gorilles de montagne dans le monde, dont 200 vivent dans le parc des Virunga. Chaque individu est donc particulièrement important. Nous avons 86 gorilles qui sont habitués à la présence humaine, qui sont suivis par nos pisteurs et qui peuvent être vus par les touristes. C’est le cas de Mukumba, le gorille de cette vidéo.

Il est sorti du parc pour aller manger du maïs et des bananes dans les champs. Il se trouvait à 5 kilomètres en dehors de la lisière du parc. Les gardes essayaient de l’inciter à rentrer depuis deux mois. Cela commençait à devenir dangereux pour Mukumba qui aurait pu être tué par les villageois en colère, inquiets pour leur récolte.

Nous avons donc pris la décision d’anesthésier le gorille. L’opération a mobilisé 40 personnes, notamment des gardes et des vétérinaires. Il fallait porter l’animal, mais aussi calmer les villageois qui ont assisté à la scène. La tâche a été délicate pour les vétérinaires. Il fallait refaire une injection de kétamine, un fort anesthésiant, toutes les 30 minutes pour garder Mukumba endormi, et contrôler sa température en permanence. Tout cela sous le soleil de plomb du Congo. Il a été transporté sur un brancard pendant 1h, puis 2h sur la route dans un 4X4, puis encore 2h à pied dans la forêt.

Nous l’avons ensuite placé à 3 kilomètres de la lisière à l’intérieur du parc, dans un endroit éloigné des champs pour éviter la tentation. Il a tenté de s’échapper à nouveau, mais les gardes l’en ont empêché.

Il est toujours dangereux d’anesthésier un animal, mais c’était un risque à prendre. Je crois bien que c’était la première fois qu’une telle opération a été menée. Nous avions déjà ramené des animaux qui s’étaient échappés du parc, comme des éléphants ou des buffles, mais jamais un animal ne s’était autant éloigné et aussi longtemps."