Téhéran sacrifie ses démineurs pour l'or noir

Vingt ans après le conflit meurtrier qui opposa l’Iran a l’Irak entre 1980 et 1988, des millions de mines restent disséminées sous le sol iranien et continuent d'alourdir le bilan du nombre de victimes. En cause : un travail de déminage bâclé qui obéit davantage aux intérêts des compagnies pétrolières qu’aux normes de sécurité.

Selon des sources gouvernementales iraniennes, entre 12 et 16 millions de mines auraient été semées par les forces irakiennes sur une superficie de 4 millions d’hectares à l’ouest et au sud-ouest du pays. La province du Khuzestan serait la plus polluée par les mines, suivie de Kermanshah, d’Ilam et du Kurdistan. Les opérations de déminage ont débuté peu après la fin de la guerre. Mais selon des sources militaires, entre 1,5 million et 1,8 million d’hectares étaient toujours infestés de mines irakiennes en 2004.

En Iran, c’est le ministère de l’Intérieur qui décide quelles zones déminer en fonction de considérations politiques, économiques et sociales. Il confie ensuite à l’Unité des ingénieurs de l’armée la responsabilité des projets de déminage.

Il n’existe en Iran aucun bilan régulier des victimes de mines. Un recensement mené dans la province d’Ilam en 2000 a établi qu’entre 1989 et 1999, 1 082 personnes avaient été victimes d’explosion de mines parmi lesquelles 394 avaient perdu la vie.

Contributeurs

"Le principal problème des démineurs en Iran est le manque de discipline"

Reza a supervisé pour le compte d’une compagnie privée le travail des démineurs de l’armée dans les provinces du Khuzestan et d’Ilam.

A la fin de la guerre, les autorités ont entrepris un travail de déminage à la va-vite. L’objectif était de permettre à la compagnie nationale de pétrole de débuter dans les plus brefs délais les travaux de forage dans les régions du sud-ouest riches en or noir. Ce travail bâclé doit, aujourd’hui, repartir de zéro.

Durant la guerre Irak-Iran, les deux armées ont disséminé des mines sur le sol iranien. Les Irakiens ont miné les terres iraniennes pour se prémunir des contre-attaques, en prenant toutefois le soin de poser les mines de façon régulière. Les Iraniens ont, eux aussi, planté des mines dans leur propre sol pour empêcher les troupes irakiennes d’avancer. Mais ils l’ont fait de façon chaotique, rendant le déminage très difficile.

Mais le principal problème des démineurs en Iran est le manque de discipline. Dans ce travail, on ne doit pas faire de compromis sur la sécurité. Or, les démineurs recrutés au sein de l’armée ou du secteur privé iranien ne respectent pas les procédures normalisées d’exploitation (SOP), comme le fait de disposer d’ambulances suffisamment équipées et de médecins de terrain afin d’apporter les premiers soins en cas d’accident. Il en va de même pour la distance de sécurité minimum (50 mètres) qui doit séparer deux démineurs travaillant sur des mines à fragmentation. Quant aux inspecteurs qui veillent sur la qualité du travail, ils sont formés en quelques minutes. Pour toutes ces raisons, de nombreux démineurs perdent chaque année la vie en exerçant leur travail.

Les démineurs internationaux qui ont supervisé ou entraîné des démineurs iraniens ont, quant à eux, fait un excellent travail. Ils n’ont quasiment pas perdu de démineurs. Pourtant, ils ont été remerciés et renvoyés dans leur pays. Certains responsables préféraient voir partir l’argent du déminage aux mutilés de la guerre Irak-Iran qu’à des étrangers."

Reza sur le terrain

Photos envoyées par Reza Amani Nassab

Démineur tué en service

Photo envoyée par Reza Amani Nassab

Munitions non explosées

Photo envoyée par Reza Amani Nassab

Ces mines sont placées dans un trou profond avant d'être détruites. Photo envoyée par Reza Amani Nassab.

Chars démineurs

Photo envoyée par Reza Amani Nassab.

Commentaires

Vendeurs de mines

Qui fournissait ces pays en mines anti-personnel ?

De plus, il ya des pays

De plus, il ya des pays sevral, comme l'Italie, Israël et États-Unis

Mines Irak

Ne sous estimez pas les Irakiens ni les Iraniens.
Ils fabriquent des explosifs, des aciers spéciaux, des chars, etc. depuis plus de 25 ans.
Peuvent sans doute fabriquer des armes nucléaires aussi.
Lorsqu'ils achètent, c'est pour gagner du temps.

Mines en Irak

Nous ne mésestimons pas les connaissances irakiennes ou autre, mais il faut admettre que pour cette ethnie la vie humaine a moins de valeur que son ambition. Cela n'empêche pas que les victimes qu'elles qu'elles soient recueillent toutes ma sympathie.

France évidemment, et

France évidemment, et Italie, URSS, Corée, USA, Etc....
D'ailleurs la France vendait au deux camps.



Fermer