Observateurs

Le 16 mars 2009, Andry Rajoelina obligeait l'ancien président, Marc Ravalomanana, à quitter le pouvoir. Un an après, l'Union africaine vient de sanctionner le nouveau président pour son incapacité à créer un gouvernement d'union nationale. Nos Observateurs malgaches ne voient toujours pas d'issue à cette crise politique.

Il y a un an presque jour pour jour, Andry Rajoelina, maire d'Antananarivo, soutenu par l'armée, prenait d'assaut le palais présidentiel après plusieurs jours de gigantesques manifestations.  Le lendemain, Marc Ravalomanana, à l'époque président, était forcé de remettre ses pouvoirs à son principal opposant. 

Depuis, toute tentative de médiation internationale [accord de Maputo et d'Addis Abeba], réunissant pourtant les quatre mouvances politiques majeures, ont échoué et le gouvernement d'union nationale n'a toujours pas vu le jour. Depuis le 17 mars 2010, le président et une centaine de ses collaborateurs sont sous le coup de sanctions (refus de visas, interdiction de voyager, gel d'avoirs financiers et refus d'accréditation) imposées par l'Union africaine pour avoir entravé le processus de sortie de crise. 

Dans les rues de la capitale, des manifestations d'opposition sporadiques s'organisent. Mais, selon nos Observateurs, c'est la lassitude qui prédomine dans la population.

Vidéo de la manifestation des trois mouvances d'opposition à Antananarivo, le 17 mars 2010.

"Que ce soit du côté de l'opposition ou du coté du gouvernement, chaque parti est trop entêté"

Avylavitra X est manager informatique à Antananarivo.

J'étais près du stade Mahamasina, hier, à l'endroit où était organisé un rassemblement des trois mouvances [les trois parties de l'opposition]. Trois manifestants se sont jetés sur un policier en civil qui passait sur sa moto. Les forces de l'ordre sont venues à sa rescousse et les choses ont dérapé. Les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui ont répondu par des jets de pierres et la construction de barrages au milieu de la rue. Aujourd'hui, la ville est très surveillée par les forces de l'ordre et plusieurs 4x4 militaires sillonnent les rues. 

C'est la confusion, car chaque chef de parti appelle ses militants à descendre dans la rue et on ne sait pas qui commande, ni qui veut quoi. Que ce soit du côté de l'opposition ou du coté du gouvernement, chaque parti est trop entêté et personne ne veut faire de concessions.

Il faut qu'on laisse le gouvernement aller au bout et qu'on en finisse avec cette période de transition."