Malgré l'interdiction, près de 400 personnes ont participé, mardi, à Lomé, à une manifestation de l'opposition pour contester la réélection du président togolais, Faure Gnassingbé. Après plusieurs heures d'affrontements, les opposants ont été dispersés par les forces de l'ordre à la mi-journée.

L'Union des forces de changement (UFC) ainsi que trois autres partis d'opposition avaient appelé à protester contre les résultats du scrutin du 4 mars qu'ils considèrent "frauduleux". Selon les chiffres officiels, le président sortant a remporté l'élection avec 60 % des voix contre 33 % pour Jean-Pierre Fabre, candidat de l'UFC. Le gouvernement avait interdit la marche et le meeting organisés par l'opposition.

La FOSEP saisit les ordinateurs de l'UFC

Des ordinateurs ont été saisis au siège de l'UFC, quelques jours avant que les responsables du parti communiquent ce qu'ils présentaient comme les "preuves de fraudes".

Le commandant de la Force sécurité élection présidentielle a confirmé les saisies et l'arrestation de 11 personnes expliquant qu'il s'agissait d'empêcher "la manipulation des résultats".

Ces photos ont été postées sur le site de l'UFC Togo.

"C'était un véritable bras de fer : grenades contre pierres"

Sylvio Combey est journaliste freelance et blogueur à Lomé.

Le Front républicain pour l'alternance et le changement (Frac), une association qui soutient le parti d'opposition UFC, a appelé les Togolais à une marche pacifique de protestation ce mardi. Mais hier, le porte-parole du gouvernement a fait interdire le rassemblement au motif que cette marche tombait un jour ouvré et que cela pourrait gêner la circulation. Les responsables du Frac ont néanmoins maintenu leur mot d'ordre, ce à quoi les agents de la Fosep [Force spéciale élection présidentielle composée de 6 000 gendarmes et policiers, ndlr] ont répondu en bouclant le lieu de départ de la manifestation situé dans le quartier de Bè.

Peu avant 10 heures, ils ont immobilisé la voiture du candidat UFC, Jean-Pierre Fabre, à quelques mètres de l'entrée du siège du parti. Les agents de la Fosep ont refusé de lui expliquer les motifs de ce blocage.

Du coup, une foule s'est attroupée à cet endroit. Les agents de la Fosep ont quadrillé tout le périmètre du siège et il était quasi impossible d'y entrer ou d'y sortir.

Les  jeunes du quartier qui ont voulu résister au déploiement de la Fosep ont reçu des grenades lacrymogènes.

Les manifestants ont ensuite bloqué la circulation en brûlant des voitures et des pneus et en lançant des pierres sur la police. C'était un véritable bras de fer : grenades contre pierres. La situation s'est calmée vers la mi-journée.

Certains disent que la salle informatique de l'UFC a été saccagée. Mais sur les lieux, les militaires en civil refusaient tout accès aux journalistes.

Le porte-parole du Frac affirme que l'opposition ne baissera pas les bras et récidivera chaque jour. Une autre marche de protestation est prévue ce samedi à Lomé."