Une affiche électorale à Bagdad victime d'un jet d'encre rouge. Photo: Ali al-Mousawi.

Les Irakiens se rendent, dimanche, aux urnes pour renouveler leur Parlement. Nos Observateurs de différentes régions et tendances politiques nous racontent ce qui les a amusés, étonnés ou énervés durant la campagne électorale.

Les élections législatives du 7 mars sont les deuxièmes depuis la chute du régime de Saddam Hussein au printemps 2003. Elles interviennent quelques mois seulement avant le départ des troupes américaines du pays, prévu en août.

"Ils ont arrosé les affiches d’encre rouge car ils estimaient que ces candidats ont du sang sur les mains"

Ali al-Mousawi est étudiant en communication à Bagdad.

De nombreuses affiches électorales ont été vandalisées. Les gens s’en prennent aux posters des candidats qu’ils n’apprécient pas. Sur certaines affiches, on a déversé de l’encre rouge. Intrigué, j’ai posé la question aux commerçants voisins. Ils m’ont répondu que des supporters de partis rivaux ont arrosé les affiches d’encre rouge car ils estimaient que ces candidats avaient du sang sur les mains.

Des affiches arrosées à l'encre rouge à Bagdad. Photo: Ali al-Mousawi.

La loi irakienne consacre le quart des sièges du Parlement aux femmes. C’est une bonne chose d’autant plus que le nombre des Irakiennes est désormais plus élevé que celui des Irakiens. Les Irakiens plaisantent d’ailleurs à ce sujet en racontant que la liste de l’ancien Premier ministre Iyad Allaoui a toutes les chances de remporter ces élections car les plus belles candidates y figurent".

L'affiche d'une candidate, directrice d'une radio locale à Bagdad. Photo: Ali al-Mousawi.

Des affiches de candidates à Hilla, au centre de l'Irak. Photo: Ali al-Zubedi, publiée sur le site de Institute for war and peace reporting.

"Nouri al-Maliki est au pouvoir depuis des années et son slogan électoral appelle au… changement"

Ahmet Hasim est un journaliste turkmène à Kirkouk.

Les affiches électorales du Premier ministre Nouri al-Maliki suscitent l’étonnement des Irakiens. Il est au pouvoir depuis des années et son slogan appelle au… changement. Mais que va-t-il donc changer? Sa propre personne ?"

Une affiche pour la liste du Premier Ministre Nouri al-Maliki à Kerbala. Photo: Metrography, publiée sur le site de Institute for war and peace reporting.

"Les électeurs ne connaissent pas la grande majorité des candidats"

Mudafar al-Madfai, "Abou Ali" est un militaire à la retraite qui vit à Bagdad.

Les affiches électorales sont placardées partout : sur les poteaux électriques, les ponts, les murs, aucun endroit ne leur échappe. Les électeurs ne connaissent pas la grande majorité des candidats. Pour cette raison, ces derniers n’hésitent pas à accrocher énormément de posters en espérant que leurs visages deviennent familiers."

Le chaos des affiches électorales à Bagdad. Photo: Ali al-Mousawi.

Des affiches arrachées à Bagdad. Photo: Ali al-Mousawi.

"Des chanteurs populaires entonnent des hymnes, véritables programmes électoraux en chansons"

Hawagin Mulla Amin est écrivain et professeur à l’Université de As-Sulaymaniya dans le Kurdistan irakien.

L’ambiance est électrique ici et les soirées électorales se tiennent quotidiennement dans les rues et les centres communaux. Les candidats invitent leurs partisans et les personnes les plus influentes et leur offrent souvent des "cadeaux". Des chanteurs populaires animent ces soirées en entonnant des hymnes, véritables programmes électoraux en chansons, à la gloire de la liste électorale qui les paye. Durant ces soirées, on danse la Halparke, une danse collective avec des hommes ou des femmes en costumes traditionnels".

Des partisans dansent la Halparke kurde traditionnelle au pied de l'ancienne citadelle de Kirkouk. Photo: Hawre Khalid, publiée sur le site de Institute for war and peace reporting.