Un voleur de câble électrocuté. Photo postée sur Afrique Rédaction le 24 décembre 2009.

Les électrocutions sont de plus en plus courantes à Kinshasa. Les jours de pluie, les passants risquent leur vie en marchant dans les rues. Et pour cause : les câbles électriques sont posés à même le sol.

C'est la SNEL (société nationale d'électricité) qui est en charge de l'alimentation de la capitale du pays, Kinshasa. Mais les installations qui datent d'il y a plusieurs années manquent d'entretien et les habitants croisent régulièrement des câbles "errants" qui affleurent sur le bord des routes.  En France, la profondeur moyenne d'enfouissement des câbles est de 80 cm en moyenne, sachant que ceux-ci doivent être recouverts d'une gaine de protection bétonnée. 

Début janvier, une femme de 50 ans est décédée des suites d'une électrocution dans le quartier de Lingwala, situé à proximité du centre-ville. 

Selon les médias locaux, 130 décès enregistrés dans la capitale en 2007 sont dûs à des installations défectueuses du réseau électrique. Et la situation ne semble pas s'améliorer malgré les promesses de la SNEL

Procès d'un voleur de câbles à Kinshasa

Postées sur Flickr par CongoBloG en février 2008.

Dans la commune de Kalamu, quartier de Yolo à Kinshasa. Deux personnes comparaissent l'une pour avoir volé 56 mètres de câble de la SNEL et l'autre pour avoir acheté le câble volé.

Câbles errants dans les rues de Kinshasa

Postée sur Flickr par Congoblog.

Postée sur Flickr par Bukavuonline.

Postée sur Flickr par rdcbel

"Malgré tous ces soucis, on paye régulièrement des factures très élevées"

Stéphanie Nyota Muliri, 50 ans, travaille dans les relations publiques à Kinshasa en République démocratique du Congo.

Ces câbles sont un problème quotidien. Quand il pleut à Kinshasa, les rues sont recouvertes de grandes flaques, on ne voit plus les fils électriques et les passants qui marchent dessus meurent sur le coup, électrocutés.

L'alimentation en électricité est catastrophique à Kinshasa. Il arrive que nous passions deux ou trois jours sans courant. Dans ces cas-là, on se débrouille nous-mêmes. Moi, je demande à quelqu'un de mon entourage de remplacer le câble défectueux qui arrive chez moi et d'aller le fixer directement dans la cabine de distribution. C'est très dangereux mais on n'a pas le choix. Comment peut-on vivre sans électricité ?

Les câbles que nous remplaçons nous-mêmes sont achetés sur les marchés. Il arrive même que les agents de la SNEL nous disent qu'ils veulent bien réparer l'alimentation mais à condition que nous fournissions le câble. Des quartiers entiers se cotisent pour s'en payer un.

Ce phénomène a abouti à la formation d'un véritable marché noir des fils électriques. Et quand le courant est coupé et que les quartiers sont plongés dans l'obscurité, des voleurs tentent d'arracher les fils pour les revendre [certains perdent la vie en volant des fils alimentés]. Ce problème contribue malheureusement à la montée de l'insécurité dans nos quartiers. 

Et malgré tous ces soucis, on paye régulièrement des factures très élevées. La dernière que j'ai reçue atteignait près de 50 euros alors que je n'ai eu du courant que 15 jours sur 30 ! "