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Le président de la France, Nicolas Sarkozy. © Greenpeace/Christian Åslund 

A l'aéroport de Copenhague, les passagers sont accueillis par une série d'affiches de ce type. De quoi le président Sarkozy sera-t-il désolé en 2020 ? D'avoir échoué sur le dossier du réchauffement climatique dix ans plus tôt, au sommet de Copenhague.

Les dirigeants de 191 pays ont été invités au sommet des Nation unies sur le changement climatique qui se déroulera entre le 7 et le 18 décembre dans la capitale danoise. Jusqu'à aujourd'hui, 67 chefs d'Etat ont confirmé leur présence.

Barack Obama, le président des Etats-Unis. © Greenpeace/Christian Åslund   

La chancellière allemande Angela Merkel. © Greenpeace/Christian Åslund  

Le présient du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva. © Greenpeace/Christian Åslund 

"Ce que nous demandons à Brown, Sarkozy, Merkel et tous les autres dirigeants européens, c'est de faire pression sur Obama"

Martin Lloys est le responsable de Greenpeace International à Amsterdam.

Pour cette campagne, nous avons choisi les chefs d'Etat que nous sommes sûrs de voir au sommet. Ce qui explique par exemple que Hu Jintao ne soit pas dans la liste. Ce que nous souhaitons, c'est qu'ils se voient sur les affiches en arrivant au Danemark.

Nous sommes déçus de l'attitude de la France vis-à-vis des pays en développement. La politique française a été de ne pas les aider du tout, mais de leur demander beaucoup. Nous pensons que la France devrait leur offrir un vrai soutien et des financements pour qu'ils puissent atteindre leurs objectifs. La France n'a pas beaucoup avancé non plus. Son taux d'émission de carbone a seulement baissé de 5 % depuis 1990, contre 17 % au Royaume-Uni.

Le Royaume Uni a, c'est vrai, réalisé quelques avancées. Gordon Brown a pris des initiatives pour que le débat devienne international, mais son gouvernement a récemment évoqué l'idée de construire des centrales alimentées au charbon. Et on a du mal à croire que le pays fait des efforts pour limiter ses émissions de carbone et pour empêcher le réchauffement climatique quand, en parallèle, il investit dans le charbon.

Ce que nous demandons à Brown, Sarkozy, Merkel et tous les autres dirigeants européens, c'est qu'ils fassent pression sur Obama, qui nous a vraiment laissé tomber. Il ne viendra d'ailleurs pas au même moment que les autres chefs d'Etat, ce qui signifie qu'il n'aura l'occasion de négocier avec aucun d'entre eux [Obama a annoncé plus tard qu'il viendrait finalement au même moment que les autres chefs d'états le 17 décembre.] 

La première chose que les Etats-Unis doivent faire, c'est prendre ce problème au sérieux. Leur proposition de réduire leurs émissions de carbone de 4 %, sur la base de 1990 n'est absolument pas suffisante. L'Union européenne a proposé de baisser de 20 à 30 %, le Japon de 25 % et la Norvège de 40 %. Nous avons besoin d'une baisse de 40 % du groupe des pays industriels pour qu'il y est un impact.

Nous sommes bien plus satisfaits de la façon dont les pays en développement envisagent cette rencontre. Ces dernières années, ils ont fait des propositions ambitieuses. La Chine a dit qu'elle réduirait de 40 à 45 % l'intensité de ses émissions de carbone [l'intensité carbone se définit par la quantité de gaz à effet serre rejetée par point de PIB, ndlr] d'ici 2020. Ce qui est un bon début pour lancer des négociations. L'Inde vient d'annoncer qu'elle envisageait, elle, une réduction de 20 à 25 %. Le Brésil et l'Indonésie ont aussi proposé une baisse de leurs émissions, ainsi que des réductions significatives de la déforestation. C'est assez gênant de se dire que les pays riches n'ont apparemment pas la volonté d'en faire autant."

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown. © Greenpeace/Christian Åslund

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk. © Greenpeace/Christian Åslund

Le Premier ministre espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero. © Greenpeace/Christian Åslund

Le président de la Russie, Dmitri Medvedev. © Greenpeace/Christian Åslund  

Le Premier ministre canadien, Stephen Harper. © Greenpeace/Christian Åslund  

Le Premier ministre australien, Kevin Rudd. © Greenpeace/Christian Åslund