La vidéo d’une agression à la Kalachnikov au Liban circule sur le Web depuis quelques jours. Un fait divers, mais qui rappelle que dans ce pays marqué par 15 ans de guerre, des armes sont encore présentes dans de nombreux foyers. Ces images, filmées par une caméra de vidéosurveillance, montrent un homme, accompagné de ses fils, dont l’un est un officier de l’armée libanaise, tirer sur le propriétaire d’un restaurant dans la région de Byblos, au nord de Beyrouth. Le motif de ce règlement de compte n’est pas connu. La victime a été blessée à la jambe.

La vidéo de l'agression

Vidéo diffusée par la chaîne libanaise OTV

18h18 : Une première rixe oppose l'agresseur (chemise blanche), armé d'un revolver, et les gardiens du parking du restaurant.

18h32 : L'agresseur, armé cette fois d'une Kalachnikov, revient avec ses fils et tire dans la jambe du restaurateur.

18h36 : Les forces de sécurité intérieure arrivent sur place et peinent à désarmer l'agresseur.

18h43 : Les secours évacuent le blessé.

"Beyrouth n’est pas le Far West […], cela aurait pu arriver en banlieue parisienne"

Karim B. (pseudonyme) vit entre la France et le pays du Cèdre. Il a participé à la guerre du Liban (1975-1990) en tant que combattant au sein d’une milice.

Cette affaire est un banal fait divers qui aurait pu arriver en France, où il y a récemment eu des fusillades à Paris. Il est vrai cependant que beaucoup d’armes circulent en ce moment au Liban. Il y en avait moins après la guerre. Mais à la suite des évènements du 7 mai 2008, qui ont vu les miliciens du Hezbollah prendre d’assaut des quartiers de Beyrouth, la population a eu peur. Même s’ils ont confiance dans les forces de sécurité libanaises, les gens ont recommencé à acheter des armes pour se défendre et protéger leurs familles au cas où la situation dégénère en guerre.

C’est très facile de se procurer des armes au Liban, et ça l’a toujours été. En y mettant le prix, n’importe qui peut s’approvisionner sur le marché noir, malgré la législation stricte sur le port d’armes. Mais Beyrouth n’est pas le Far West, il n’y a pas de problèmes majeurs d’insécurité.

À titre de comparaison, il y a en France des bandes de jeunes délinquants qui tirent sur les forces de l’ordre, comme ce fut le cas lors des émeutes des banlieues en 2007. Il faudrait se demander comment ils font pour se procurer des armes de guerre dans un pays de droit comme la France ?"