Observateurs

Des habitants de Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye, ont fait une découverte bien étonnante : ils ont retrouvé leurs plaques d’égout dans les rues de Najac, un petit village du sud de la France. Une découverte qui aurait pu les faire rire s'ils n'étaient pas sous les eaux.

Un Libyen découvre une plaque marquée "municipalité de Benghazi" à Najac. Publié sur YouTube par libyainfrance, le 20 septembre 2009.

"Les centres-villes baignent dans l'eau dès les premières pluies, et cela parce qu'il nous manque des plaques d'égout"

Hibo est blogueuse à Tripoli. Elle nous envoie les photos suivantes prises à l'automne 2009 dans la capitale libyenne.

En automne, les grandes villes libyennes prennent des allures de Venise, sans les gondoles. Les principales artères et les centres-villes baignent dans l’eau dès les premières pluies, et cela parce qu’il nous manque des plaques d’égout. Les déchets s’accumulent dans les canalisations, empêchant l’évacuation des eaux de pluie.

Plusieurs accidents se sont aussi produits, la nuit, en raison des plaques manquantes. Des poussettes de bébé se sont retrouvées coincées dans les bouches d’égout et plusieurs personnes se sont déjà cassées un bras ou une jambe en tombant au fond du trou.

Je ne suis pas surprise de savoir que certaines plaques se retrouvent en France. Les plaques d'égout font l'objet d’un commerce juteux. Avec l'augmentation du cours de cuivre [comme le fait remarquer Laurent Szyster, les plaques d'égout sont généralement en fonte], elles sont de plus en plus volées et revendues, souvent à des ferrailleurs qui les font fondre et puis les recyclent dans d’autres industries."

NOTE DE LA REDACTION : Contacté par FRANCE24, le maire de Najac, Raymond Rébellac, a précisé que le réseau d’assainissement de la commune remonte à près de 25 ans, et reconnu qu’à Najac plusieurs autres plaques portent la même inscription en arabe. En revanche, il ne pense pas que ces plaques aient été importées de Libye. L'édile suppose qu’à l’époque l’entreprise chargée d’entretenir les égouts de sa ville avait acheté ces plaques chez un fondeur local qui voulait se débarrasser d'un surplus sur un lot de plaques destinées à la Libye. "Il est difficile d’imaginer qu’elles aient été importées directement de Libye, car des plaques aussi lourdes coûteraient beaucoup plus cher à importer qu’à faire fabriquer sur place", conclut le maire.

Cette vidéo a été tournée à Tripoli et publiée sur YouTube le 22 septembre 2009 par jack19a.