Observateurs

Cette vidéo, qui montre l'abattage à la chaîne des poussins mâles dans une usine des Etats-Unis, choque les internautes du monde entier. Pour notre Observatrice, éleveuse en Pennsylvanie, ces images n'ont pourtant rien de particulièrement choquant.

Ce film, tourné en mai et juin dernier par un membre du groupe d'activistes Mercy for Animals, a été posté samedi sur le Net. La scène se passe dans l'Iowa, dans une usine de Hy-Line, le plus gros producteur de poulets destinés à la ponte des Etats-Unis. Les poussins abattus sont des mâles, qui ne rapportent rien. Le groupe d'activistes affirme que ces images auraient pu être tournées dans n'importe quelle usine d'Hy-Line, qui tue près de 200 millions de poussins par an.

“Dans beaucoup d'usines, on se contente de les jeter dans des poubelles où ils meurent étouffés”

Sandra Miller dirige une ferme écologique en Pennsylvanie. Elle élève des vaches, des chèvres et des poulets.

La façon la plus humaine de tuer les poussins est de les frigorifier. Ou de les gazer avec du CO2. Ils s'endorment et ne sentent rien. Les écraser, comme sur cette vidéo, est certes horrible à voir, mais c'est rapide. Dans beaucoup d'usines, on se contente de les jeter dans des poubelles où ils meurent étouffés, ce qui est pire.

La loi de la ferme est simple : 'Si t'es un mâle, t'es mort.' Ça a toujours été comme ça. Il faut être réaliste, qu'est-ce qu'on pourrait faire de ces poussins mâles ? Avant, on attendait qu'ils prennent du poids et on les congelait pour les manger plus tard. Mais maintenant, l'élevage a été complètement industrialisé et on ne recherche que le profit maximum pour un minimum de contraintes.

Personnellement, je trouve qu'ils gâchent de l'argent. Il faut trouver des débouchés pour tous vos produits. Par exemple, j'ai une amie qui élève des faucons. Elle se sert des poussins mâles pour nourrir ses oiseaux. Il y a aussi des tas de zoos où l'on nourrit les reptiles avec ce genre de viande. Ils pourraient envoyer leurs poussins là-bas. Moi-même, j'ai parfois des poulets rachitiques que je ne peux pas décemment griller sur un barbecue. Et bien j'en fais des tacos."