Postée sur Flickr par Raaid.

Le mois de ramadan commence samedi 22 août dans la plupart des pays musulmans. De l'Algérie à l'Irak, nous avons demandé à nos Observateurs de nous raconter comment se déroule ce mois saint dans leur pays.

Pendant cette période, tous les musulmans sont censés jeûner, c'est-à-dire ne pas boire, ne pas manger et s'abstenir d'avoir des relations sexuelles entre le lever et le coucher du soleil.

L'épreuve du jeûne est un exercice de purification. C'est un signe d'obéissance à Dieu, en même temps qu'une façon de suivre la tradition des prophètes et d'accroître sa piété. Le jeûne du ramadan fait partie des cinq piliers de l'islam, avec la profession de foi, la prière, l'aumône et le pèlerinage à La Mecque.

Certains aspects de cette célébration sont communs à tous les pays musulmans, par exemple le fait de commencer le repas de rupture du jeûne en mangeant une datte. Mais chaque pays aborde aussi le ramadan selon ses propres traditions. Quelques-uns de nos Observateurs nous racontent les coutumes locales qui accompagnent cet événement.

Vous aussi, racontez-nous comment se déroule le ramadan chez-vous. Inscrivez-vous d'abord sur le site, remplissez une fiche profil (selon cet exemple), puis postez votre commentaire sous ce billet. Il apparaîtra accompagné de votre photo.

"J'accroche toujours une grande lanterne sur mon balcon"

ÉGYPTE : Asser Yasser vit au Caire. Elle est blogueuse et mère de famille.

Comme de nombreux Égyptiens, je veille à ce que mes enfants aient chacun leur petite lanterne. Dommage que cette tradition soit en train de disparaître. Dans mon enfance, on allumait nos lanternes dans le noir après l'iftar [le repas de rupture du jeûne, ndlr] et on entonnait des chansonnettes. Aujourd'hui, les enfants chantent des tubes de starlettes. Pour ma part, avant le début de ce mois saint, j'accroche toujours une grande lanterne sur mon balcon, comme le veut la tradition.

Nous nous préparons aussi sur le plan culinaire. J'ai déjà acheté les fruits secs (figues, dattes, raisins, abricots) pour le repas, ainsi que tout ce dont j'ai besoin pour préparer les pâtisseries que l'on déguste pendant le ramadan, comme le fameux gâteau au fromage, le "kounafé" [ou "kénéfé", ndlr].

On prie aussi d'avantage et on fait preuve de plus de piété durant ce mois. Enfin, les réunions familiales, les invitations et les repas entre amis sont plus fréquents."

"On vit la nuit"

ALGÉRIE : Fayçal Ouaret est écrivain et architecte. Il vit à Sétif,  à 300 km à l'est d'Alger.

L'Algérie ne vit généralement pas la nuit, sauf durant le mois de ramadan. Les magasins sont ouverts toute la nuit, les rues éclairées, décorées et très animées.

Les gens sillonnent les rues jusqu'au "souhour" [le repas pris juste avant le lever du soleil et la reprise du jeûne]. Ils achètent des produits aux marchands ambulants et participent à des soirées festives et religieuses. Ce mois fait également le bonheur des enfants, en raison des repas plus copieux et des sucreries qu'on leur distribue, notamment. L'ambiance est toujours à la fête, une fête pour tous, sauf pour les bourses...

Cette vie nocturne a évidemment un impact sur le rythme de la journée. Les horaires de bureau sont décalés d'une heure le matin (on commence à 9h au lieu de 8h) et on travaille une heure de moins par jour."

"Pour les nouveaux mariés, c’est l’occasion d’inviter leurs parents et les amis chez l’épouse"

COMORES : Mohammed Abdelkader est journaliste. Il vit à Moroni, la capitale des Comores.

Aux Comores, la vie sociale tourne autour des places publiques, les "bangwé". C'est là-bas que les gens se retrouvent peu avant la rupture du jeûne. Au moment de l'iftar, ils se dirigent vers les mosquées où on leur offre des dattes et du café.

Chacun rentre ensuite à son domicile, où sont servis de véritables festins comprenant du poisson, des brochettes de viande, des bananes frites, du manioc grillé, du thé au lait et des galettes au thym dorées au beurre qu'on appelle "couscouma".

Pour les nouveaux mariés, c'est également l'occasion d'inviter leurs parents et leurs amis chez l'épouse. Je dis chez l'épouse car, aux Comores, c'est la femme qui héberge son mari. La famille de la mariée se doit de construire pour leur fille une maison où vivra le couple."

"Nous jouons au jeu des bagues"

IRAK : Haydar Eloui tient un magasin de vêtements à Bagdad.

À Bagdad, où les températures peuvent dépasser les 50 degrés, les personnes qui observent le jeûne ont plus soif que faim. Pour cette raison, nous achetons au début du mois de ramadan de nombreuses bouteilles de jus de fruits (orange, datte, etc.). Nous stockons également des céréales (fèves, lentilles, etc.) pour préparer la soupe traditionnelle.

En Irak, nous avons un jeu très populaire durant ce mois. Il s'appelle 'le jeu des bagues'. Deux équipes formées de 10 à 20 personnes s'affrontent. L'objectif est de confier une bague aux membres d'une équipe et de laisser aux membres de l'autre le soin de deviner quelle personne cache le bijou. Il faut déceler chez la personne qui a la bague des signes d'inquiétude, ou un rougissement.

Les médias, eux aussi, ont une programmation spéciale. Ils diffusent surtout des émissions comiques et de télé-réalité durant lesquelles les chaînes, en collaboration avec des banques locales, récoltent des fonds pour les Irakiens qui ont dû fuir leur province durant la guerre."

Les mets du ramadan

Pâtisseries. Postée sur Flickr par Joyful Reverie.

Un repas de ramadan à Blida, dans le nord de l'Algérie. Postée sur flickr par Mekfouldji.

Les dattes accompagnent tous les repas de ramadan. Postée sur Flickr par Zanakhan.

Repas de ramadan à Dhaka, au Bangladesh. Postée sur Flickr par Rahmanmm.