Observateurs

Au lendemain du discours du Guide suprême, Ali Khamenei, quelques milliers de personnes sont descendues dans la rue malgré l'interdiction de manifester. Conséquence du haussement de ton du régime, la répression s'est significativement durcie dans les rues de Téhéran. Sur place, notre Observateur nous raconte le déroulement de la journée - peut-être la plus violente qu'ait connue la capitale iranienne depuis le début des manifestations.

"Les bassidji se sont mis à tirer à l'intérieur des appartements..."

Mohsen, 28 ans, est informaticien à Téhéran, où il a participé à la manifestation du 20 juin, au lendemain du discours du Guide suprême. Nous avons changé son nom à sa demande.

On s'est fait piéger comme des rats, on ne pensait pas qu'ils [la police et les bassidji, NDLR] allaient nous attaquer parce que nous étions avec des mollahs venus manifester avec nous. Ils nous attendaient à chaque carrefour, à chaque croisement, et sur tout le parcours qui menait à la place Inqilab [la place de la Révolution, NDLR]. Dès qu'on apparaissait, ils nous chargeaient.

Ils m'ont frappé jusqu'au sang à coups de bâton, ils tiraient des bombes lacrymogènes directement sur les gens. J'ai vu un homme d'une quarantaine d'années mourir sous mes yeux. Plus on avançait vers la place Inqilab, plus la répression était dure. Un moment, j'ai voulu fuir les bassidji avec un groupe de jeunes. On s'est réfugié dans un immeuble, comme la plupart des manifestants. Mais, comme les bassidji jettent des bombes lacrymogènes dans les halls, les gens en sortent pour pouvoir respirer. Évidement, à peine dehors, ils sont roués de coups. Quand j'ai vu ça, je suis monté au 3e étage avec trois autres manifestants, mais on est tombé parce qu'on n'arrivait plus à respirer... Un homme à ouvert sa porte et nous a traînés chez lui. Il nous a sauvés, mais les bassidji savent que les gens aident les manifestants, alors ils se sont mis à tirer à l'intérieur des appartements...

Je ne suis sorti de chez ce monsieur qu'une fois le calme revenu et je suis rentré chez mon oncle. Mais moi je ne sortirai plus, j'ai trop peur. La plupart de mes amis disent la même chose, ils ont vu des morts sous leurs yeux, ils ont peur des arrestations, on a peur..."

"Ils ont tué des gens par balle devant nos yeux"

Témoignage recueilli par FRANCE 24 samedi 20 juin 2009.

Photos envoyées à FRANCE 24 par des internautes

 

 

Des mollahs se joignent aux manifestants dans les rues de Téhéran.

Samedi soir à Téhéran

Les manifestations ont continué malgré la tombée de la nuit.