Les gardiens de la mosquée chiite Al-Zahra de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, ont réussi à neutraliser in extremis un jeune homme qui s'apprêtait, le 1er mai dernier, à faire exploser sa ceinture piégée lors de la prière du vendredi. Les photos de leur intervention sont publiées sur Internet.

Le kamikaze, Ammar Afif Hamada, un Syrien âgé de 16 ans, aurait été missionné par Abou Omar al-Baghdadi, chef d'Al-Qaïda en Irak (Al-Qaïda est un réseau terroriste sunnite salafiste). Il a ouvert le feu en direction d'un gardien de la mosquée, le blessant à l'épaule, alors qu'il pénétrait dans la mosquée en criant "Allah est grand !" Les autres gardiens, des Turkmènes chiites, sont parvenus à le neutraliser et à le livrer à la police, qui a désamorcé sa ceinture d'explosifs. Aux policiers, le jeune kamikaze a avoué avoir reçu un entraînement militaire dans la ville syrienne de Homs.

La province de Kirkouk compte plusieurs communautés : une majorité de Kurdes, des Turkmènes, qui se considèrent comme les habitants historiques de la région, des Assyro-chaldéens (chrétiens) et des Arabes, souvent arrivés lors de la politique d'arabisation forcée décrétée par Saddam Hussein. Toutes ces communautés se disputent le pouvoir.

Des élections provinciales avaient eu lieu le 31 janvier dernier dans 14 provinces irakiennes, mais pas dans les trois provinces kurdes du nord du pays, ni dans celle, voisine, de Kirkouk. Les élections prévues le 25 juillet prochain dans ces provinces pourraient être précédées d'une vague de violences.

Les photos de l'arrestation

Photos publiées sur nahrain.com. Selon ce site, certaines de ces photos ont été prises par les gardiens de la mosquée et des fidèles avec leurs téléphones portables. Les plus nettes sont extraites de la vidéo tournée par les forces de la police de Kirkouk arrivées un peu plus tard sur les lieux.

"Tous les attentats récents dans la province de Kirkouk ont visé des membres de la minorité turkmène"

Ahmet Hasim est un journaliste turkmène correspondant de nahrain.com à Kirkouk.

 

Il ne s’agit pas du premier attentat avorté. Il y a deux mois, un kamikaze a été arrêté dans la zone commerciale d’une autre ville de la province de Kirkouk. Il portait une ceinture piégée et s’apprêtait à descendre de sa voiture. Chose intrigante, tous les attentats récents dans la province de Kirkouk ont visé des membres de la minorité turkmène, qu’ils soient chiites ou sunnites, alors qu’ils n’ont même pas de milice armée.

 

Depuis 2003, les Kurdes tentent de changer les équilibres à Kirkouk, afin de rattacher cette province au Kurdistan irakien. Kirkouk est la province irakienne la plus riche en pétrole.