Observateurs

Lors de l'arrestation mercredi du Premier ministre "légaliste". Posté sur Sobika.

Depuis la prise de pouvoir par Andry Rajoelina, Madagascar ne fait plus les gros titres des médias. Pourtant la crise reste ouverte et les partisans du président déchu, Marc Ravalomanana, continuent de manifester. L'un de nos Observateurs sur place nous raconte comment s'y prend le nouveau gouvernement pour tenter de mettre un terme aux débordements.

Le président évincé, Marc Ravalomanana, avait nommé, de son exil au Swaziland, un Premier ministre "légal", Manandafy Rakotonirina. Ce dernier avait installé son QG dans l'un des deux grands hôtels de la capitale et il s'apprêtait à nommer un gouvernement. Il a été arrêté mercredi dans la soirée, avec d'autres figures du mouvement de Marc Ravalomanana. Une mesure qui vise à stopper le mouvement de protestation que continuent d'entretenir les "légalistes" et qui avait encore donné lieu la semaine dernière à de violents affrontements avec les forces de l'ordre.

Vidéo postée sur Topmada.

"Nous sommes à Madagascar et tout peut changer très rapidement"

Pascal Kryl travaille dans la publicité à Antananarivo, à Madagascar.

Aujourd'hui tout est calme, je me suis baladé en ville et il n'y a pas de rassemblement. Les 'légalistes' ne peuvent de toute façon plus manifester. L'armée bloque l'accès à la Place de la démocratie, où ils se réunissaient habituellement. Le nouveau gouvernement a déclaré que désormais il n'autoriserait plus les manifestations qui ne disposent pas d'une autorisation. C'est bien sûr assez ironique sachant que les partisans d'Andry Rajoelina ont organisé des rassemblements non autorisés pendant des mois avant de prendre le pouvoir.

Avec cette interdiction de manifester, et l'arrestation du Premier ministre de Marc Ravalomanana, on pourrait croire que la crise est terminée. Mais attention, nous sommes à Madagascar et tout peut changer très rapidement. Rappelons-nous qu'une semaine avant la prise de pouvoir par Andry Rajoelina, on pensait qu'il avait perdu... Le président déchu a encore des soutiens dans l'armée, même si celle-ci tente aujourd'hui d'afficher son unité, il n'est donc pas à exclure qu'il revienne au pouvoir à la faveur d'un retournement d'alliance."

Autres photos de l’arrestation du Premier ministre "légaliste"