Observateurs

L'armée du Sri Lanka estime que le nombre de civils toujours pris au piège dans l'étroit périmètre où les rebelles tamouls sont encerclés est compris entre 15 000 et 20 000.

L’armée sri-lankaise contrôlant totalement l’information, il est difficile de savoir quelle est véritablement la situation humanitaire autour de la zone de combat. Une Observatrice est parvenue à nous appeler, jeudi, de Mullaitivu, une ville située à quelques kilomètres de l'enclave défendue par les Tigres.

"Le dernier bateau d'aide humanitaire est arrivé le 4 avril"

Sinthu, 22 ans, est une Tamoule de Mullaitivu qui a vécu plusieurs années en France. Nous sommes entrés en contact avec Sinthu par l'intermédiare des éditeurs du site tamoul Tamilnet.

Il y a des gens partout autour de la maison de mes parents. Ils dorment à même le sol, sur le sable. Pour nous, tout va relativement bien car nous avons un petit potager, mais les réfugiés me demandent tout le temps de les aider. Ils manquent de nourriture, de sucre, de riz, de lait pour les enfants...

Je me suis rendue à l'hôpital de la ville. Il est bondé, et il y a même des gens qui dorment devant. Il n'y a plus de médicaments. Moi, je n'ai vu que des cotons et du sérum. Pourtant, il y a beaucoup de blessés, des gens qui ont été touchés par les obus des Tigres ou de l'armée régulière.

C'est une catastrophe. Je demande aux gens à l'étranger d'avoir un peu de pitié. Il faut qu'ils demandent l'arrêt de cette guerre, qu'ils obtiennent un cessez-le-feu, car c'est toute une population qui souffre. Qu'on nous envoie, au moins, un peu de nourriture et quelques médicaments."