Plusieurs dizaines de manifestants ont investi, mardi, un café Starbucks de Beyrouth, accusant l’entreprise américaine de "financer le sionisme" et d’avoir, de fait, une responsabilité dans la crise à Gaza. Yara Harakeh nous explique pourquoi elle a manifesté hier. 

La manifestation a eu lieu à Hamra, un quartier sunnite de Beyrouth, et a entraîné la fermeture du café pour la journée. Les manifestants ont couvert les vitrines de bannières, scandant des solgans tels que "Boycottez les sionistes, pour la Palestine arabe".

Les appels au boycottage de Starbucks ne sont pas nouveaux. Sur Internet, des dizaines de sites (par exemple) et de groupes Facebook (par exemple) ont été montées sur ce thème. Ils accusent Howard Shultz, le président de Starbucks, d’être un "propagandiste pour Israël", un sioniste convaincu, et d’avoir activement soutenu la politique de George W. Bush au Moyen-Orient. Ce type de campagne existe également contre d’autres géants américains, notamment McDonalds.

Ces accusations, qui datent de plusieurs années, ont été démenties par Starbucks. Dans un communiqué datant de 2006, l'entreprise américaine explique n'avoir aucun lien avec l'armée israélienne et ne "soutenir aucune cause politique".

La campagne anti-Starbucks sur Facebook

 


 

 


Les internautes publient plusieurs listes de produits "sionistes" à boycotter.

"Nous sommes antisionistes, pas antisémites"

Yara Harakeh, 23 ans, vient de finir ses études en biochimie et est à la recherche d'un emploi. Elle est l'une des organisatrices de la manifestation de mardi devant Starbucks.

Starbucks finance l'armée israélienne. Je sais qu'ils le démentent, mais nous avons des documents qui le prouvent [ce type d'explication]. Pourtant, une part importante des bénéfices de la chaîne provient des pays arabes, où elle compte plus de 1 000 magasins.

Je ne sais pas encore si notre action a été efficace. Aujourd'hui, il n'y avait presque personne au Starbucks de Hamra. Mais il faudra attendre plusieurs jours pour voir si la manif a vraiment fait baisser la fréquentation. De toute façon, nous n'allons pas nous arrêter là. Demain, nous renouvelons l'opération devant le Starbucks de Verdun [quartier du lycée franco-libanais de Beyrouth]. C'est le bon moment pour réactiver la campagne de boycottage de cette chaîne de cafés. Avec ce qui se passe à Gaza, les gens sont plus sensibles à notre message.

Je  tiens à préciser que nous sommes antisionistes, pas antisémites. C'est très différent. Il y a effectivement eu des slogans antisémites déclamés lors de notre manifestation. Mais ce n'était pas par des membres de notre groupe et nous sommes parvenus à les interrompre rapidement."

Les photos prises par les manifestants et postées par Yara sur sa page Facebook.