Le premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance de la Mauritanie en 1960 a été renversé mercredi lors d'un coup d'État. Notre observatrice à Nouakchott revient sur cette journée assez particulière.

C'est sans verser une seule goutte de sang, que l'ancien chef de la garde présidentielle a arrêté le chef de l'État mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Pourtant saluée comme un "modèle démocratique" par la plupart des pays africains, l'élection présidentielle de 2007 n'aura pas permis d'installer le pays dans la stabilité politique.

La junte ayant pris le pouvoir a promis, jeudi à Nouakchott, une élection présidentielle "libre et transparente" dans "une période qui sera la plus courte possible".

Vues de la capitale mauritanienne

Un marché, dans l'après-midi du 6 août, peu après le coup d'État.

Les rues de Nouakchott au lendemain du coup d'État.

Photos : Isabel Fiadeiro.

"À Nouakchott, la vie continue comme avant"

Isabel Fiadeiro est une artiste portugaise. Elle vit à Nouakchott et écrit sur son blog.

Je vis en Mauritanie depuis 2004 et c'est, je crois, le troisième coup d'État auquel j'assiste [il s'agit en fait du deuxième, après celui d'août 2005, ndlr]. Sur la place du marché capital, l'endroit de la ville où ont généralement lieu les manifestations et les rassemblements, tout était très tranquille hier soir. Il n'y avait même pas de policiers.

Je suis très tranquille et je continue à vivre comme si rien ne s'était passé. En plus, nous, les expatriés, nous avons un peu l'impression que la situation politique mauritanienne ne nous concerne pas, nous sommes détachés de tout cela.

Personnellement, je n'ai assisté à aucune scène de violence et les gens avec qui j'ai parlé non plus. La seule chose qui indiquait que quelque chose se passait hier, ce sont les klaxons de voitures dans la rue. Puis, la télé et la radio ont simplement été coupées pendant quelques heures après le coup d'État.

Ils ont même laissé les frontières ouvertes. Certains de mes amis devaient aller à Dakar par la route et ils n'ont pas eu de problème pour quitter le pays. À Nouakchott, la vie continue comme avant. "