L'un de nos Observateurs en Italie nous alerte sur la récente déclaration du ministre de l'Intérieur italien, Roberto Maroni, qui affirme vouloir créer une base de données contenant les empreintes digitales de tous les Roms du pays.

L'objectif affiché de ce plan est de recenser les Roms en situation irrégulière qui, selon la législation italienne, doivent être expulsés sous trois mois. Le gouvernement de Silvio Berlusconi affiche également sa volonté de fermer rapidement tous les campements illégaux de cette communauté. Ce plan de recensement forcé est condamné par la gauche italienne et a suscité une vive réaction de l'hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana.

Ce billet a été rédigé avec la collaboration de notre Observateur à Milan, Alberto Celani.

"Cela n'a rien d'extraordinaire"

Fabrizio Cecchetti, membre de la Ligue du Nord, fait parti du gouvernement (consigliere) de la région de Milan.

Le modèle italien d'intégration a échoué. Les gitans ne suivent plus leurs propres règles tribales. Ils ont perdu leurs valeurs et ils ont un mode de vie consumériste. Leurs campements sont des enclaves d'illégalité. Les incidents sont quotidiens avec cette communauté : ils sont impliqués dans des affaires d'exploitation d'enfants, de mères et d'handicapés. Le plan de recensement du gouvernement est le meilleur moyen de vérifier l'identité de tous les citoyens. Cela n'a rien d'extraordinaire, l'Etat prend déjà les empreintes de tous les Italiens lors de leur service militaire obligatoire."

"Les hommes politiques refusent de les intégrer"

Maurizio Pagani est président de l'association Opera Mundi, qui travaille à l'intégration des Roms d'Italie.

Il n'est pas nécessaire de prendre les empreintes des Roms. Il serait facile de lancer un plan de recensement classique, car leurs campements sont déjà identifiés par les autorités. Les hommes politiques choisissent d'oublier cette frange de la société et refusent de les intégrer. La culture nomade évolue, c'est vrai, mais il est de la responsabilité de l'Etat de combler l'écart entre les gitans et les autres citoyens. Leur comportement reflète celui notre société, très superficielle et où il n'y a pas de place pour le dialogue et la solidarité."

Des Roms à Milan

Photos d'Alessandro Fornasetti - www.imagefactory.it.