Le "chinglish" est la langue utilisée en Chine pour la plupart des informations officielles destinées aux étrangers. Résultat d'une confiance aveugle dans les traducteurs en ligne, les panneaux sont parfois hilarants, parfois une peu agressifs, et malheureusement souvent incompréhensibles.

Le chinois traduit en anglais est un sujet dont les anglophones ne se lassent pas de rire depuis des années. Même les erreurs qui dépassent de loin la limite du politiquement correct sont excusées par leurs charmes attachants.

A l'approche des Jeux olympiques, une grande politique d'assainissement grammaticale a été lancée et ces panneaux disparaissent un à un des rues de Pékin. Attristé par ce changement, des internautes ont rassemblé différents exemples, et l'un d'entre eux en a même fait un livre. Voici quelques morceaux choisis.

Morceaux choisis de "chinglish"

Wikipedia vous aide à choisir votre menu !

© Oliver Radtke http://www.chinglish.de/

© Oliver Radtke http://www.chinglish.de/

Littéralement "Faisons les amis des oiseaux"

© Oliver Radtke http://www.chinglish.de/

Si vous aviez l'intention d'en boire un petit avant le décollage, sachez que les alcooliques sont interdits dans la cabine, au même titre que les animaux.

Everett Griffiths http://www.pocopico.com/

Everett Griffiths http://www.pocopico.com/

© Oliver Radtke http://www.chinglish.de/

Subtile référence aux organes génitaux féminins!

Jarrod D. Curry http://szechuan-vultures.com/blog/

"Pour les JO, les organisateurs ont beaucoup de mal à déléguer à des étrangers"

Camille est étudiante en Chine. Elle vit à Pékin depuis deux ans et a suivi de près la préparation des Jeux olympiques.

Un des panneaux que j'ai le plus vus et qui fait beaucoup rire les touristes est "Welcome to see you again" qu'on peut lire un peu partout dans la ville et dans les aéroports.

Cela me faisait beaucoup rire au début, mais maintenant, à force de vivre ici, on s'habitue à ce "chinglish".

Je pense que les Chinois vraiment bilingues ne participent pas à ce genre de travaux de traductions parce qu'ils ne travaillent pas dans l'administration.

Je doute que les chefs chinois en charge de ces traductions approximatives aient fait des études d'anglais et encore moins des études à l'étranger.

Donc il y a depuis longtemps un vrai problème de coordination et de vérification. En Chine, les postes sont attribués selon des logiques différentes des nôtres et le niveau d'anglais n'est pas un critère déterminant. Les études à l'étranger sont rares dans la génération de nos parents.

Ces signes ne vont pas disparaître complètement. Pour les JO, les organisateurs ont beaucoup de mal à déléguer à des étrangers. Il y a des Anglais, des Australiens, mais ils n'accèdent pas à des hauts postes. Et la relation de confiance semble encore fragile. La logique de propagande se sent aussi dans ces détails."

 

"Ils se moquaient de savoir si la phrase avait du sens "

Nicolas Carré est sommelier au "Maxim's de Paris", restaurant français de Pékin. Il a fait la voix audio des textes de quinze musées de Pékin traduit du chinois à l'anglais.

En faisant la voix des audiophones de plusieurs musées de Pékin il y a deux ans, j'ai été surpris de n'avoir que très peu de marge de manœuvre dans la traduction. Ce qui donnait des choses catastrophiques, je me souviens notamment des traductions au musée de la monnaie de Pékin.

En fait, je devais lire le texte tel quel et ils se moquaient de savoir si la phrase avait du sens en français.

J'avais essayé de faire un vrai travail de traduction mais je me suis rendu compte que c'était trop cher pour eux. Ils préféraient se dire que les touristes comprendraient approximativement ce qui est dit, plutôt que de payer des vrais traducteurs.

En fait, ce sont des étudiants en première ou deuxième année de langues étrangères qui étaient chargés de faire ce travail."

 

Les compilations de chinglish