Fernando Lugo, un ancien évêque catholique, prend aujourd’hui officiellement ses fonctions de président du Paraguay. Nos Observateurs dans le pays nous font découvrir cet homme politique qui va grossir les rangs des leaders de gauche en Amérique du Sud.
L’introduction de ce billet été rédigée par notre Observatrice en Argentine, Johana Kunin. Après Hugo Chavez au Venezuela, Cristina Kirchner en Argentine, Inacio Lula Da Silva au Brésil, Rafael Correa en Equateur, Evo Morales en Bolivie, Michelle Bachelet au Chili et Tabaré Vasquez en Uruguay, l’arrivée de Fernando Lugo est une nouvelle victoire pour la gauche sud-américaine.Mais si ces hommes d’Etat partagent certaines valeurs, et que la plupart s’accordent sur la nécessité de nationaliser des entreprise clefs, notamment dans le secteur énergétique, leurs lignes politiques sont toutefois très différentes. Pour schématiser, on pourrait les répartir en deux groupes : les "pragmatiques", alignés au centre, et les "anti-impérialistes".
Le nouveau président paraguayen est quant à lui le parangon d’une "libération théologique de gauche". Il a travaillé dans les paroisses les plus pauvres du pays et a la réputation d’être un homme honnête, une qualité particulièrement importante dans un pays où le mot politicien est devenu synonyme de corruption. Fernando Lugo a affirmé qu’il ne se marierait pas pendant son mandat de cinq ans, bien que le pape l’ait libéré de son vœu de chasteté. C’est sa sœur qui sera donc la Première dame du pays. Le nouveau président s’est entouré d’experts reconnus, comme Joseph Stiglitz, prix Nobel américain d’économie. Car son premier combat sera contre la pauvreté, dans un pays où seulement 6,5 % des habitants gagnent plus de 270 dollars par mois et dont l’économie est dominée par les grands producteurs de soja et ravagée par la corruption.
Paraguayens, le moment d’un changement historique est venu. Un changement qui ne profitera pas à une seule personne, à un groupe ou un parti politique. Cette fois, c’est le Paraguay qui gagne. Les emplois des Paraguayens. La campagne progresse, la ville aussi. La sécurité gagne. La justice gagne. L’unité gagne. Notre économie gagne. Et pour commencer à gagner, il faut arrêter de perdre. Au dessus de tout, il y a la fierté d’être paraguayen. C’est notre chance de recouvrer notre dignité. Votez pour Fernando Lugo. Le Paraguay gagne."
Marie Dufour est une diététicienne française expatriée au Paraguay où elle construit un bateau.
Fernando Lugo va faire le ménage au sein du
gouvernement corrompu. Les politiciens de toujours vont être remplacés par des
techniciens efficaces. Je pense qu'il dirigera avec une poigne de fer dans un
gant de velours.
On l'a accusé de tous les maux :
d'être un communiste, un révolutionnaire, un chaviste, un traître à l'Eglise,
mais jamais d'être corrompu. 61 années de corruption au plus haut niveau ont
ruiné l'économie et poussé la population à l'exode. Le secteur public dépérit, alors que les
« gros » s'enrichissent en toute impunité. Et, pire que tout, l'Etat
paraguayen s'est fait avoir par le Brésil sur le projet de barrage
hydroélectrique d'Itapu [des installations construites par le Brésil et
l'Argentine sur le territoire Paraguayen et qui permettent à ces deux pays de
payer l'énergie trois fois moins cher].
En tant que chrétien, Fernando Lugo est particulièrement bien armé pour lutter contre la corruption. Des avocats étudient déjà les affaires de fraudes impliquant des officiels sur ces 16 dernières années."
Jorge Zárate est journaliste à Asunción au Paraguay
Le nouveau gouvernement paraguayen va
tenter de lutter contre les inégalités. Fernando Lugo se définit comme un
"centriste". Mais beaucoup, notamment les ouvriers et les paysans qui l'ont élu,
craignent qu'il penche vers la droite une fois au pouvoir. Les gens espèrent
qu'il va contenir la voracité des oligarques.
La protection des droits de ouvriers et la réforme agraire sont deux éléments clefs pour bâtir un pays différent et plus juste. S'il ne s'attaque pas à ces problèmes, le gouvernement ne va faire que gérer la misère et le modèle actuel d'oppression restera inchangé."
Comments
Fernando Lugo, Président des défavorisés?
Submitted by SRANWA on Mon, 18/08/2008 - 12:49.Fernando Lugo incarne un espoir. Espoir pour les classes les moins favorisées. C'est ce qui a valu son élection. Dans un pays majoritairement catholique et ou les inégalités sont patentes. Ancien éveque, il a cotoyé au quotidien la misère de cette population qui l'a aujourd'hui améné au pouvoir. Cette population attend donc beaucoup de lui. Elle attend des reformes profondes comme celles angagé par Chavez en Bolivie afin de données un nouvel élan a son pays.
Avec son passé d'éveque, il devait comprendre aisément les attentes du peuple. Maintenant Président, il devait mettre en place des politiques clairs pour ne pas decevoir.
Sranwa
SRANWA
Fernando Lugo,l'eveque des pauvres
Submitted by Utilisateur non inscrit (not verified) on Sat, 16/08/2008 - 00:32.Bonjour
la presse en proie aux idées recues confond la droite et la gauche.
Defendre les pauvres n'est pas une prerogative ou un monopole de la gauche et la richesse n'est pas non plus un monopole de la droite,car il existe des milliardaires de gauche qui ne sont pas pour les pauvres.
Ce qui differencie le droite de la gauche ,c'est que la droite est composée de gens croyants en principe catholiques et la gauche est composée d'athée ou de protestants héretiques.
Donc dire que Fernando Lugo va grossir les rang de la gauche est une erreur car s'il est catholique ,il est croyant donc de droite.
Cela n'empeche pas qu'en etant de droite ,on se batte contre la misere et l'exploitation comme Jésus Christ qu'on a tué pour cette raison.
Dire que Jésus aurait été de gauche donc athée voire antichrist est donc une aberation ou un manque flagrant de connaissance.
Il est vrai que la presse pour vendre n'attache que peu d'importance à la realité et à la verité.
Meilleures salutations
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Fernando Lugo
Submitted by jeremie (not verified) on Sat, 16/08/2008 - 13:41.Bonjour,
Hérétiques, antichrist (Antéchrist ?), on croit rêver.
A quand un bon bûcher et quelques autodafés...
Les croyants (sous-entendu catholiques?) sont de droite et les hordes infidèles sont de gauche ; de bien jolis barbecues moyenâgeux en perspective.
En s'appuyant sur cette base que chacun appréciera, notre ami anonyme avance la thèse que Jésus a été tué parce qu'il était de droite. Waouh... Pas mieux.
Cordialement,
"Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges." Nietzsche
Unregistered user
ça va Jeremie n'en fait pas trop.
Submitted by Vince (not verified) on Sat, 16/08/2008 - 16:35.Tu balances Nietzsche comme la référence, franchement les plus grands philosophes d'Europe sur la raison et l'Homme sont Descartes et Kant.
Tout deux croyants, oui on dit "croyant" dans un pays dont telle religion est majoritaire. La France est catholique, on dit croyant.
"Les convictions sont des ennemies de ">la<" vérité plus dangereuses que les mensonges"
Je vais te prouver que ce type est cinglé: il n'y a pas une vérité mais des vérités relatives.
Pour le reste c'est vrai que faire le rapport entre le Christ et la politique, c'est une mauvaise coutume.
Tiens j'ai une citation pour toi "frappez-les à l'extrémité des membres pour les punir, ils brûleront en enfer". Ce n'est pas dans la Bible, Jeremie tu saurais t'en prendre à eux?
Où sont les saintes inquisitions aujourd'hui?
Unregistered user
droite/gauche ce n'est pas que ca...
Submitted by isis (not verified) on Sat, 16/08/2008 - 01:21.loin s'en faut..
economiquement, c'est surtout:
pour la droite, croire en la libre entreprise et le soutient aux entreprises qui en retour, fournissent de l'emploi et de meilleurs salaires.
pour la gauche, croire dans la nationalisation et que l'augmentation des salaires les plus faibles agisse sur la consommation et donc la santé des entreprises qui du coup embauchent...
ceci dit, là encore, dans les deux cas c'est simplistes.
Unregistered user
Oui mais ça dépend du pays.
Submitted by Vince (not verified) on Sat, 16/08/2008 - 12:41.Alvaro Uribe par exemple était perçu très à droite pour son alliance avec les US et la lutte contre les farcs. Finalement il est à droite mais pas au point d'être libéral: il est conservateur et ce n'est pas pareil.
Donc pour moi avant le clivage droite/gauche il y a républicain ou libéral.
Exemple: La gauche en France peut très bien être plus libéral sur l'immigration ou le libre échange qu'un candidat de droite.
En fait il y a ceux qui prônent l'indépendance nationale, l'autonomie, la solidarité sociale: les Républicains
Ils sont humanistes: à droite contre l'avortement et sécuritaires, pour un budget de la défense élevé, éducation gratuite et concurrencielle
ex: Villiers
à gauche plutôt pour l'avortement, la prévention et la politique d'aide par l'offre comme logements, éducation national non concurrentielle et gratuite.
Ils sont généralement pour une politique nataliste et contre l'immigration de masse et la politique Moroy.
/// divers gauche, gauche républicaine
exemple en France (c'est vieux mais actuellement je ne peux pas juger: Chevènement à gauche et Pasqua à droite.)
Les libéraux: la plupart du temps sont supranationaux, pour le libre échange, ils vous disent qu'ils sont contre les écarts de richesse mais pourtant les favorisent:
immigration de masse (travail des sans papiers), libre échange pour la droite, impôts faibles, budget défense faible, éducation supérieur privatisé
ex: UMP
immigration de masse, libre échangisme, impôts élevés, éducation supérieur peu accessible et élitiste mais gratuit.
ex: PS
Donc le clivage droite gauche est moins important que de savoir si le candidat est protectionniste ou libéral.
Pour moi l'ex Eveque est au centre, si il suit l'idée de l'Eglise catholique, il serait dans ce cas plutôt gauche républicaine.
Le problème est de savoir s'il aura suffisamment de pragmatisme: l'école gratuite et d'excellence c'est bien, mais il faudra savoir attirer les IDE et juguler l'immigration si elle se présente.
Pas facile pour un ex-Eveque!
Unregistered user