Environ 25% des Israéliens n'effectuent pas leur service militaire, pourtant obligatoire. La plupart des personnes réformées le sont sur la base de critères physiques, psychologiques, ou en raison de leur croyance religieuse. Mais certains Israéliens refusent de servir dans l'armée par conviction. Ces objecteurs de conscience sont l'objet d'une campagne de dénigrement de la part de groupes conservateurs israéliens. Pour résumer : « si vous n'avez pas fait l'armée, vous n'avez aucune chance avec les filles ».
Sur cette vidéo, de jeunes israéliens, en vacances en Inde, racontent à des européennes ce qu'ils ont fait dans l'armée. L'un d'entre eux n'a pas fait son service, et lorsqu'on lui demande « Mon frère, où as-tu servi ? », il reste coincé. La publicité se termine par ce slogan : « un vrai israélien n'évite pas l'armée ». Cette campagne a été réalisée à l'initiative de deux publicitaires très en vue en Israël, Rami Yeoshuah et Zvi Vilder.
En réponse à la campagne « Un vrai israélien n'évite pas l'armée » , des réalisateurs indépendants ont réalisé un clip dans lequel de jeunes israéliens expliquent pourquoi ils ont refusé de faire leur service militaire. A linverse de la première vidéo, c'est l'Israélien qui a fait son service qui se trouve sans l'embarras lorsqu'on l'interroge. Ce clip se termine sur le slogan : « Un israélien n'évite pas la vérité ».
Le commentaire de l'un de nos Observateur pour Israël, Roi Ben-Yehuda :
Cette
vidéo est un retour à l'idéologie sioniste de 1948. Elle fait partie d'une
campagne agressive lancée par le gouvernement. On peut voir le slogan partout,
sur les murs, dans les bus, sur des autocollants, et même depuis peu à la
télévision. C'est le symptôme d'une société stressée, où le service militaire
et la citoyenneté sont étroitement liés. Ceux qui refusent l'armée ont créé un
vrai problème social, car ceux qui sacrifient leur temps et leurs compétences
pour servir dans l'armée leur en veulent et tentent de les marginaliser."
Le commentaire de notre Observateur, Joel Schalit, un essayiste spécialiste de la politique au Moyen-Orient. Joel est un américano-israélien, il vit à San Francisco.
J’ai été appelé en 1985, lorsque j’ai eu 18 ans. J’ai refusé de servir pour deux raisons. D’abord parce que je n’étais pas d’accord avec la politique israélienne au Liban. Je ne pensais pas que cette occupation était légitime. Ensuite parce que je pensais qu’obtenir une bonne éducation aux Etats-Unis était plus patriotique que de servir dans l’armée.
Ca n’a pas été une décision facile à prendre, pour des raisons sociales, mais aussi personnelles. Ma famille est arrivée en Palestine en 1882 et tous ont fait leur temps dans l’armée. Ca a été très difficile et traumatisant de briser cette chaîne.
Pourtant, je n’ai jamais regretté cette décision, même si elle m’a obligé à vivre hors du pays pendant des années. Maintenant, je me sens presque conservateur comparé à certains de mes amis qui refusent catégoriquement le service. Si on m’avait proposé de servir dans le civil, j’aurais accepté. (…)
"
Le contenu de ce billet a été utilisé dans le cadre d'une émission de France24, notamment l'interview de notre Observateur, Joel Schalit.