Le gouvernement chinois veut des Jeux sans dopage. Pour y arriver, 4 500 contrôles seront pratiqués pour éviter de revivre le scandale d'Athènes en 2004. 28 cas de dopage avaient été révélés, contre 10 enregistrés à Sydney en 2000.
La Bulgarie a ainsi retiré tous ses haltérophiles après que onze d'entre eux aient été révélés positifs lors de contrôles effectués en juin dernier.
Parmi les haltérophiles suspendus figure le champion du monde 2007, Ivan Stoitsov (77 kg), qui espérait décrocher l'or à Pékin.
La Chine a également mis en place une loi très dure pour ses athlètes. Elle suspendra à vie tous ceux contrôlés positifs. Le meilleur nageur chinois Ouyang Kunpeng en a déjà fait les frais.
Sept autres athlètes ont été radiés à vie suite à un contrôle, selon l’Agence Chinoise de Lutte Contre le Dopage.
Vidéo postée par ikansee sur YouTube
Mohsen Klibi, directeur technique de natation en Tunisie, raconte son expérience en tant qu'ancien entraîneur d’Oussama Mellouli, spécialisé dans le 400 mètres 4 nages.
J'ai vécu un cas de dopage qui a marqué toute la Tunisie. C'était un de mes athlètes, Oussama Mellouli, médaillé
d’argent sur 400 m. J’ai suivi personnellement cette expérience, le scandale a éclaté en 2007. Mellouli a été contrôlé positif aux amphétamines lors du contrôle du 30 novembre 2006 à l’US Open d'Indianapolis.
Je connais bien Mellouli et j’étais très surpris de le savoir positif. Tout au long de sa brillante carrière, il n’a jamais cherché à
améliorer ses performances en ayant recours au dopage.
Il a refusé l'analyse de l'échantillon B, il nous a expliqué qu’il avait juste pris une pilule qui contenait des amphétamines. C’est de l’Adderall qu’un collègue de l’université lui a passé pour terminer un projet qu'il devait rendre pour ses études avant de partir pour l'US Open. Or, ce produit stimule le système nerveux pour rester éveillé.
Cette histoire est aujourd'hui derrière lui. Après dix-huit mois de suspension, il peut retourner à la compétition. Aujourd'hui il est en route pour Pékin."
En ce moment, je suis en train d’assurer un suivi biologique des Français qui participeront aux épreuves de Pékin en exerçant de la surveillance biologique. Cela consiste à examiner les cheveux, l’urine et le sang de l’athlète afin de définir son passeport-biologique, indispensable pour détecter toute anomalie due à l’utilisation des dopages.
Je pense que les mesures sévères et les 4500 contrôles qui seront pratiqués lors des jeux vont certainement limiter le recours aux substances illicites, mais ca ne sera pas la solution magique qui donnera lieu à des Jeux propres. Surtout qu'on voit apparaître de nouvelles techniques de dopage, comme 'les dopages High–Tech'.
Il existe notamment des dopages indétectables qui consistent à suivre une thérapie cellulaire assez ciblée. Cette thérapie modifie partiellement les cellules humaines et dope la préparation musculaire de l’athlète en ayant recours à des hormones spéciales, dont les hormones de croissance.
Et dans ce contexte, on peut citer l’expérience étonnante vécue par des journalistes allemands en Chine, dont l'un d'entre eux s'est fait passer pour un entraîneur américain de natation. Un docteur chinois lui a proposé un traitement à base de cellules souches. Ceci peut être un cas de dopage génétique.
Je trouve normal qu’à l’aube des Jeux, on révèle encore des cas de dopage. Ceci est le résultat de la modernisation des moyens de contrôles qui dépassent désormais les examens urinaires classiques avérés peu précis. Ceci confirme l’idée que l’essentiel des contrôles devrait se faire bien avant les compétitions.
Je ne pense pas qu'à Pékin on assistera à des grandes révélations en matière de dopages supérieures à ce qu'on a vu à Sydney ou Athènes. Mais ces Jeux seront peut être marqués par la révélation de nouvelles formes de dopage comme les dopages biologiques dont on parlera largement dans les prochaines années."